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la lutte des classes

Jeudi 12 juin 2008

L'ESCLAVAGE : Une véritable institution

L'esclavage, sous la royauté, est une véritable institution. Le «modernisme», introduit à partir du règne de Radama I, n'a aucune prise sur les usages et les coutumes. Le marché aux esclaves d'Anjoma, à Antaninarenina, et son annexe d'Analakely sont très achalandés.
C'est en vain que les missionnaires prêchent en chaire, exhortent, menacent. «La population fait la sourde oreille, quand elle ne se livre pas à des manifestations tumulteuses» (Revue de Madagascar, spécial Tananarive, 1952). Du genre de celle qui retentit dans le temple d'Ampamarinana, lors d'un prêche anti-esclavagiste du Rev. Standing, en 1892.
Pourtant les codes, publiés par le gouvernement royal, condamnent formellement la traite et implicitement l'esclavage. Cependant, Alfred Grandidier, en 1869, déclare que les deux tiers de la population tananarivienne, 50 à 60 000 personnes, sont des esclaves. En 1895, plus de la moitié des habitants de l'Imerina est de condition servile.
Jusqu'à la fin du règne d'Andrianampoinimerina, en 1810, le seul commerce extérieur de l'Ile se résume à la traite des esclaves. C'est de ce trafic humain que le souverain, les nobles et les commerçants hova tirent leurs ressources en devises, évaluées en piastres d'argent.
Hormis les esclaves de case ou domestiques, la masse exportable est surtout faite de prisonniers de guerre, de délinquants de droit commun ou de criminels politiques. Tous les moyens sont bons pour s'en procurer. Ainsi, des expéditions sont menées contre les villages ennemis ou rebelles, à la fin desquelles les personnes en état de marche sont acheminées jusqu'à la côte, liés les uns aux autres.
Les prisonniers qui en sont incapables, les infirmes, les femmes ayant perdu leurs charmes, les enfants vacillants sont souvent abandonnés à leur sort, voire tués sans pitié.
«Les tractations fréquentes et nombreuses portaient chaque année sur plusieurs milliers d'individus, sous réserve de l'acquittement d'un droit de deux piastres et demie par tête au profit du trésor royal. La prospérité du vieil Antananarivo fut, pour cette raison, scellée de larmes et de sang. Ceci dura jusqu'à ce que l'exportation du bétail ait supplanté celle de l'homme».
La traite des esclaves est condamnée en 1814 par le Congrès de Vienne. Et c'est pour lui demander l'abolition de ce commerce que James Hastie, devenu pour les besoins de la cause agent consulaire du gouvernement de Maurice, se présente au roi Radama, le 17 juillet 1817.
«Pour ne pas être signalé aux princes européens comme ennemi de la civilisation», le souverain consent à supprimer «l'exportation» des esclaves, le 11 octobre 1820. Il obtient, en contrepartie, des avantages en nature sous forme de produits européens et en espèces (Equivalent). En outre, 20 jeunes gens parmi les fils des grands, reçoivent instruction et formation technique à Londres ou à Port-Louis (Maurice).
A la mort prématurée de Radama, en 1828, Ranavalona 1ère, son épouse, hérite du pouvoir. Sous la pression des conservateurs de la Cour, des devins et des sorciers, inquiets des progrès de la civilisation et du christianisme, elle adopte, après ses premières années de règne, «une attitude hostile aux Européens et à leurs innovations. Il lui semble que leur fréquentation et leurs apports lui rendent ses sujets déloyaux».
En premier lieu, pour rompre avec les décisions de son mari défunt- qu'elle juge «incompatibles avec le respect dû aux bonnes traditions»- elle tolère et même favorise le commerce des esclaves. La traite reprend de plus belle grâce aux débouchés offerts par les marchés de l'Inde, de l'Amérique et des Mascareignes (La Réunion, Maurice, Rodrigues).
«Si les marchés se tiennent généralement sur les côtes, Antananarivo n'en est pas moins un centre de transit et un lieu où se négocient les autorisations administratives». Ch. Robequain («Une capitale montagnarde en pays tropical: Tananarive»), écrit en 1949 : «Le Rova apparaît alors comme un nid de rapaces, de grands marchands d'esclaves au service de la culture et de l'industrie sucrière».
Ce commerce ne sera réprimé qu'au moment de la conquête française. Une des premières décisions prises par Joseph Gallieni, est d'abolir l'esclavage. «La monarchie merina n'aurait pas été aussi facilement supprimée qu'elle le fut par Gallieni, si elle n'avait pas été entièrement sapée et rongée par le double cancer de la corvée et de l'esclavage. Pour la plupart des habitants d'Antananarivo, la conquête française fut vraiment une libération».


La traite fleurit sur les côtes

Aussi loin que s'étendent les connaissances sur Madagascar, il y fleurit une sorte de commerce très spécial, qui consiste à troquer des esclaves contre des marchandises apportées par les négociants. Un trafic important se voit, tant sur la côte Ouest que sur le littoral Est, fréquentés par les Arabes et les Européens.
Il existe, d'ailleurs, un double courant, ce qui explique la présence à Madagascar d'éléments africains d'arrivée récente, tels les Makoa. Ils sont importés, mais leur nombre n'est pas très important, sauf peut-être sur la côte Nord-ouest, où ils sont connus sous le nom de Mozambiques, «allusion très nette à leur origine africaine».
Jusqu'aux dernières années du 18e siècle, la traite ne devra toucher que les régions côtières, seules en contact avec l'étranger et les seules à être arrivées à un certain degré d'organisation.
«Le pays merina, encore divisé en plusieurs principautés et n'ayant aucun accès avec la mer, n'aurait pu y participer qu'en utilisant des intermédiaires, malgaches ou européens. Or, il a fallu attendre 1777 pour qu'un Européen, le Français Mayeur, pénétrât en Imerina. Antananarivo même ne fut atteinte qu'en 1808, par Hugon» (Jean Valette, archiviste-paléographe).
Pela Ravalitera Journal Express

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Jeudi 12 juin 2008
Le mot hova a trois significations en fonction des régions. C'est ce qu'affirme Clovis Ralaivola.
Dans la première, en Imerina, le terme désigne une classe sociale à part, placée entre la classe régnante des nobles Andriana et celle des esclaves Andevo; il est donc synonyme de roturier. En hiérarchisant les deux classes Andriana et Hova, Andrianampoinimerina déclare: "Le Hova ne doit jamais régner. S'il y a mariage entre un Hova et une Andriana, celle-ci transmet tous ses droits à ses enfants...".
Beaucoup plus tard, à un billet qui lui est adressé et portant l'en-tête: "A Sa Majesté, Reine des Hovas", Ranavalona 1ère répond par une fin de non recevoir: "Je ne suis pas seulement la Reine des Hova, mais de tous les Merina!".
Pour tous les côtiers et les étrangers, en effet, le mot hova évoque toute une ethnie, constituée par les habitants de l'Imerina.
Troisième signification, chez les Betsileo, notamment dans le Sud de la Matsiatra, hova indique le souverain et, par extension, andriana. L'histoire établit que, lorsque le Vakinankaratra est annexé, le royaume de Manandriana, au Nord de la Matsiatra, est le premier à reconnaître l'autorité d'Andrianampoinimerina.
A l'instar ou à l'instigation de ce dernier, un Roi de Manandriana unifie les multiples fiefs de la région et parvient à les regrouper en trois royaumes ou principautés: Isandra, Lalangina et Arindrano. ce souverain est connu alors sous l'appellation de Hova. "C'est ainsi que ce vocable a fait son chemin pour désigner les souverains betsileo et, par la suite, les nobles".
Selon Clovis Ralaivola, de toutes les hypothèses avancées, celle qui attribue à ce terme un mobile politique merina en vue de déchoir les souverains betsileo au rang des Hova, simples sujets en Imerina, semble être la plus vraisemblable. "La portée politique d'une telle action psychologique n'échappa pas aux souverains merina. N'ont-ils pas débaptisé certaines villes ou places conquises pour leur donner d'autres noms significatifs, tels que Tsiroanomandidy (il n'y a pas deux qui commandent) à l'Ouest de Tananarive, Tsianolondroa (qui n'appartient pas à deux), quartier de Fianarantsoa?".
Poursuivant son analyse, Clovis Ralaivola soutient que l'hypothèse attribuant au mot hova une origine océanienne (haou ou houa), dont les seuls Betsileo conserveraient le sens de chef, peut être écartée par le fait qu'aucun nom des souverains connus de cette tribu n'en est composé. "Alors que le mot andriana a servi d'élément de formation onomastique à des souverains de diverses tribus de l'Ile".
Par contre, selon toujours l'auteur, le nom propre Haova y est commun et se donne au garçon né un jour d'Alahamady, ou la première lune de l'année malgache. "C'est le meilleur signe zodiacal chez les Malagasy, aussi est-il appelé le zodiaque des Andriana. C'est le Martien, le guerrier invincible. C'est dans cette opinion que le mot océanien haou trouverait peut-être ses explications".
Ainsi pour Clovis Ralaivola, le vocable hova n'est connu chez les Betsileo qu'à une époque récente. Et, d'après lui, il est inconcevable que ces derniers alignent délibérément les esclaves affranchis à leurs souverains en les appelant "Hovavao" (nouveaux Hova) alors que les roturiers sont connus chez eux sous le nom de "Olompotsy" (hommes blancs).
"L'acceptation de cette nouvelle expression, quelque peu outrageante ne semble que peser en faveur du caractère extradialectal du mot hova chez les Betsileo, tribu où la pratique discriminatoire en faveur des Andriana demeure en vogue de nos jours" (1967). Effectivement, lors des funérailles, par exemple, au cours desquelles on abat des bœufs, les Andriana sont les premiers servis et avec les meilleurs morceaux provenant de la croupe, partie traditionnellement réservée à leur rang. "Par tâche d'huile, ce mot a été adopté par certaines tribus voisines du Sud, qui l'utilisent dans certaines expressions". Telles que "ampelakova" pour femme du souverain, "fondakova" pour suite du souverain, "zanakova" pour vassaux.
Pour terminer cette partie de son étude, Clovis Ralaivola identifie le mot hova en le rattachant à des mots de la même famille, issus des racines "ofa", "ofi", "ofo" et "ova", et même "avi" et "ovo" qui, précise-t-il, marque le détachement, un état accessoire, mais aussi une idée de liberté, d'indépendance.

Pela Ravalitera journal l'Express
Par madatana
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Jeudi 11 octobre 2007

Existe-t-il une pratique du tribalisme à Madagascar ? En d’autres termes, le tribalisme est-il une réalité dans le pays ?


La réponse à ces deux questions est assurément affirmative. Il ne faut pas se voiler la face et faire la politique de l’autruche. Le tribalisme est bel et bien une réalité dans le pays, et il se pratique sous tois formes, et ce depuis avant, pendant et après la colonisation, et jusqu’à aujourd’hui : sous forme insidieuse ou sournoise, sous forme réactionnaire, et enfin sous forme népotique. Cet état de chose est tout à fait courant et presque naturel, notamment dans les pays au peuplement multi-racial ou multi-éthnique. Les grands pays comme la France, les Etats-Unis d’Amérique, la Grande Bretagne, l’Allemagne et la Russie, n’y ont pas échappé. La plupart des pays africains en pâtissent toujours actuellement, où le tribalisme, comme on le sait, se traduit par des conflits armés, par des guerres tribales sans fin, par des massacres d’innoncents, par des épurations éthniques sans merci, voire des génocides. A Madagascar, avant la colonisation française, les menées expansionstes et les guerres de conquête des rois merina, ou la volonté d’unification et de pacification du pays de la part du royaume du centre, ont créé des sentiments de frustration et de rancœur chez les roitelets vaincus et leurs sujets, et même chez leurs descendants. L’existence de nombreux lieux et doany dont l’accès est strictement interdit aux Merina en témoigne de nos jours. Et quand les Français ont débarqué dans le pays, c’est chez ces derniers qu’ils ont cherché et trouvé des alliances et complicités, tantôt moyennant des subsides, tantôt en exacerbant les sentiments de rancœur contre les conquérants venus du centre. Et cela a beaucoup facilité la prise du royaume merina, et par la suite, la main-mise sur tout le pays, par les Français, qui ont par la même occasion agrandi leur empire colonial. Durant la colonisation, surtout au début de cette période, les Français ont recruté chez les Merina des auxiliaires intéressants et faciles à former, afin de pacifier et administrer la nouvelle colonie. Ils étaient les premiers écrivains et interprètes, les premiers chefs de canton, les premiers maîtres d’école, les premiers greffiers des tribunaux dans le pays. Encore une fois, cela a créé des sentiments de jalousie et de frustation voire de haine, chez la population côtière et Betsileo. Peu à peu, les auxiliaires merina ont acquis des connaissances techniques et des formations intellectuelles de haut niveau, et du coup, ont eu le sentiment de pourvoir rivaliser avec les colons et prendre leur place dans les rouages de l’administration du pays, car la plupart d’entre eux sont de venus des citoyens français à part enitère et ont pu faire des études très poussées. Il en est de même pour les enfants et leurs proches parents. Beaucoup ont intégré l’armée française et y ont acquis des galons d’officier et sous-officier. Mais les colons ont vite déchanté, car leurs auxiliaires nourrissaient au fil des ans des ambitions de prendre la place du colonisateur, et des désirs d’émancipation à l’échelle nationale. Cela a commencé par des désobéissances plus ou moins caractérisées, et a abouti à des conflits ouverts, à des soulèvements populaires, dont les évènements de 1947. La plupart des instigateurs et dirigeants de ces mouvements étaient des politiciens et intellectuels merina qui étaient nettement en avance par rapport aux autres, et plus habiles dans ce genre de question. En réaction à cet état de chose, lorsque ils ont jugé qu’il était temps de se retirer, les colons ont chois des élements non merina à qui octroyer et confier l’indépendance politique de Madagascar. Afin d’essayer de rétablir l’équilibre entre les Merina et le reste de la population malgache, les tenants de la première République ont favorisé la formation massive des éléments de la périphérie, notamment dans les domaines de l’administration, de l’enseignement et de l’armée. D’où la création de différents types d’écoles en province, la mise en place des partis politiques, de l’Académie militaire d’Antsirabe, la formation de nouveaux administrateurs civils en France. La tribalisme à Madagascar est donc largement tributaire de ces évènements, de ces deux époques de l’histoire du pays. La thèse des Merina qui dit qu’ils ne sont pas tribalistes mais des victimes expiatoires du tribalisme des politiciens côtiers en mal d’arguments intelligents est plus que trompeuse, voire douteuse. Le tribalisme merina est insidieux, sournois et incisif.

Il se traduit par des actes de ségrégation qu’on appelle la politique de l’exclusion, par des comportements vexatoires et frustrants, par l’hypocrisie et le manque de franchise, par le mépris et le désir hégémonique mal contenu. Les nominations aux hauts emplois de l’Etat depuis la première République à nos jours en est des aspects les plus voyants. Et le régime actuel ne fait qu’aggraver la situation qui tend vers l’insupportable pour les autres. Le tribalisme réactionnaire, comme son nom l’indique, est une réaction contre cette forme insidieuse et sournoise du tribalisme merina. Il est le fait des gens de la périphérie qui se sentent encore et toujours frustrés, qui sont écœurés par cette pratique. Le tribalisme réactionnaire peut être très violent, et menace parfois l’unité nationale, si l’on ne fait pas attention de part et d’autre, par des concessions, des dialogues francs et ouverts, des examens de conscience permanents, par des efforts de compréhension et d’acceptation de l’autre. Il a déjà occasionné des victimes innocentes à Toamasina, à Toliara, à Antsiranana et ailleurs il n’y a pas longtemps. Au cours de la crise de 2001-2002, ce type de tribalisme a failli provoquer la désintégration de la Nation et la balkanisation du pays. L’émergence du club des 17 (tribus) ou des 5 (provinces) en est encore une des manifestations apparentes. Il faut arrêter de dire et de penser que les côtiers ne sont pas de vrais Malgaches mais des descendants d’esclaves venus d’Afrique qui doivent y retourner, que les côtiers ne font que sucer les richesses des hauts plateaux et de l’Imerina car il n’y a rien à la côte, qu’il faut restaurer la Nation ou l’Etat merina que les colons ont détruit avec l’aide des côtiers. Des écrivains et journalistes merina ont fait paraître des écrits qui condamnent ce tribalisme réactionnaire en brandissant des slogans du genre "Trop, c’est trop" ou "Mahatantesa ny valin-kitsaka". On se lance ainsi des défis qui ne font qu’exacerber les rancœurs. La forme népotique du tribalisme est tout simplement le népotisme qui consiste à favoriser à tout prix les membres de sa famille et ses proches parents, des gens de sa tribu, aux dépens des autres qui peuvent être plus compétents. C’est la forme la plus pratiquée dans le pays, car la plupart des hauts responsables la pratiquent, les Merina comme les Betsileo et les côtiers, ceux qui ont une parcelle de pouvoir. Il est certainement superflu d’affirmer que le tribalisme, sous quelque forme que ce soit, reste et demeure le poison le plus dangereux pour l’unité nationale, et pour la paix sociale et la concore entre les Malgaches. Il appartient donc à tous les responsables dans tous les domaines et à tous les niveaux, à tous les politiciens, surtout aux tenants actuels et futurs du pouvoir légitime et/ou légal, de faire un examen de conscience, et de tout mettre en œuvre pour trouver un remède efficace à ce tribalisme ambiant et pernicieux qui menance en permanence l’ordre public et la sérénité de la société nationale. Et c’est peut-être dans ce sens qu’il faudrait comprendre la réconciliation nationale que certains veulent organiser, bien qu’il n’y ait encore eu de guerre tribale dans le pays. Il faut la prévenir à tout prix. En effet, il faut se rendre à l’évidence que la société malgache est actuellement divisée en trois catégories de gens qui ne se communiquent plus et qui s’ignorent superbement. La première catégorie est celle de l’indifférence, de la suffisance, de l’auto-satisfaction, de la sourde-oreille, voire du mépris, du genre "cause toujours, tu m’intéresses". La deuxième catégorie comprend des gens ouverts à tout, qui veulent comprendre et être compris, qui croient avoir de bonnes idées qu’ils veulent partager, qui souhaitent que les choses évoluent enfin dans le bon sens, mais qui rencontrent des portes closes et des oreilles sourdes. La troisième catégorie est celle de la masse amorphe, apathique, résignée et fataliste, qui ne croit plus ou qui n’a jamais cru à un avenir meilleur, quelles que soient les gesticulations des politiciens et les changements de régime dans le pays, et les promesses électorales. Mais la colère populaire nous guette tous, comme une épée de Damoclès. N’est-il pas temps que nous les Malgaches nous ayons aussi notre séance de vérité-réconciliation, notre contrat social ou charte de la fraternité, une sorte de modus vivendi entre toutes les tribus de Madagascar? Soyons enfin sérieux et pensons aux problèmes fondamentaux de notre pays, c’est-à-dire la concorde nationale.

Jaolaza Bien-Aimé Ambovoalanana Mahajanga


Par madatana
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Jeudi 11 octobre 2007
www.lexpressmada.com Pela Ravalitera
Peu de melting-pot en Imerina
Un cloisonnement assez marqué caractérise les rapports des Tananariviens entre eux, comme le fait remarquer, en 1968, Gerald Donque, maître-assistant à l'Université.
Ce cloisonnement est en partie dû aux différences raciales ou ethniques, en partie aux hiérarchies, traditionnelles ou modernes. " L'élément majoritaire à Tananarive, celui des Merina, ne constitue pas un groupe parfaitement homogène ". Aux différences physiques viennent s'ajouter des différences héritées de la tradition et de l'ancienne organisation sociale du temps de la monarchie .
Effectivement, les différences physiques entre Malgaches frappent d'emblée les étrangers, différences que l'on peut, grosso modo, répartir en trois catégories.
D'abord, le type brun clair pouvant aller jusqu'au blanc (fotsy) , aux cheveux lisses ou légèrement ondulés, aux traits fins, au crâne mésocéphale, à la taille petite ou moyenne. C'est, semble-t-il, le type indonésien presque pur, le plus fréquent chez les Andriana, descendants de nobles, et les Hova, descendants de roturiers libres. Cependant, certains parmi eux sont " fortement teintés ".
Ensuite, le type noir (mainty) aux cheveux crépus, à mâchoire prognathe, aux lèvres épaisses, au crâne dolichocéphale, particulièrement représenté chez les descendants d'esclaves (andevo) ou hors de l'ethnie merina, " chez les peuples dits côtiers ".
Enfin, un type mixte, brun foncé, aux cheveux frisés, au nez court et épaté, " qui constitue une espèce de transistion entre les types précédents et que l'on peut rencontrer dans toutes les castes ".
Selon Gerald Donque, ces différences physiques suggèrent une diversité d'origine. Les traditions font venir les Merina assez tardivement, vers le 14e siècle, de la côte orientale et délimitent le territoire de leurs premiers clans aux hautes vallées de l'Ikopa et de la Sisaony. " L'opinion scientifique la plus communément admise est qu'il s'agit d'immigrants indonésiens, tard venus dans l'Ile ".
A ces éléments asiatiques viennent s'ajouter au fil des ans, des apports africains. " Ils constituent aujourd'hui les " mainty ", exogènes donc à l'ethnie merina pure, presque tous captifs de guerre ou de razzias opérées sur les côtes du Mozambique, puis installés comme serfs sous l'autorité des nobles et des roturiers libres ". Comme ils ont conservé leurs particularités physiques et culturelles, " ils ont été longtemps et demeurent encore à l'écart de la population merina qui continue à les considérer comme " étrangers ".
Toutefois, précise Gerald Donque, si les unions entre " fotsy " et " mainty " ont été extrêmement rares, voire inexistants, " cela n'a pas empêché des relations extra-matrimoniales qui expliquent le type mixte ".
En effet, l'ancienne organisation monarchique a laissé subsister une stratification sociale qui, au sein de la population de l'Imerina, permet toujours de distinguer des descendants de nobles, de roturiers et d'esclaves.
En 1968, les Andriana représentent environ 14% de la population imérinienne. Ils sont issus des anciens rois ou de leurs collatéraux qui n'ont pas régné. Ils se subdivisent en sous-castes.
Les Hovas ou roturiers libres (47% de la population) semblent être " les descendants des anciens chefs de clan " proto-merina " ou merina ". Des divisions les hiérarchisent.
Quant aux Andevo, ce sont des descendants d'esclaves, captifs de guerre ou de pillages soumis à la servitude, ou encore d'hommes libres voire de nobles déchus de leurs prérogatives pour fautes graves.
Le brassage des anciennes castes ne s'est pas opéré. Cependant, si les mariages entre " fotsy " et " mainty " sont quasi inexistants, de plus en plus, un changement de mentalité s'opère dans les jeunes générations " avec le progrès de l'individualisme, le développement de l'instruction, la nouvelle répartition des richesses et des revenus... ". Ainsi, les mariages entre Andriana et Hova deviennent relativement fréquents et la barrière entre ces deux castes, jadis très rigide, " s'effrite progressivement ".

Divisés par la religion
Dans son étude sur la population tananarivienne en 1968, Gerald Donque souligne que l'appartenance à une religion complique la structure sociale et joue un rôle non négligeable dans le choix de l'époux(se). Du moins, il y a une quarantaine d'années.
"Une majorité d'Andriana est de religion protestante pour avoir suivi la Reine (Ranavalona II) lors de sa conversion ". Néanmoins aussi bien chez les Andriana que dans les autres castes, le catholicisme a gagné du terrain.
En fait, la population tananarivienne constitue une " mosaïque religieuse " et la religion peut encore constituer une barrière infranchissable dans le mariage, venant après le critère de caste à l'intérieur de celle-ci.
Autres facteurs de différenciation des Tananariviens : le genre et le niveau de vie, le degré d'instruction, l'état de fortune ou la profession. Différenciations qui ne modifient pas, toutefois, l'interdit qui peut frapper une caste en matière de mariage, tout en introduisant en son sein une nouvelle hiérarchie. Celle-ci est " calquée sur celle des pays d'économie développée occidentaux ", et fait distinguer une classe supérieure riche ou aisée, une classe moyenne et une classe pauvre.
En général, de par leur origine et les privilèges qui s'y rattachaient, Andriana et Hova ont pu acquérir ou faire acquérir à leurs descendants un niveau économique bien supérieur, en général, à celui des Andevo. Ils ont pu leur donner une instruction à l'européenne leur permettant d'accéder aux fonctions de cadres publics ou privés. Ce que, sauf exception, les descendants d'Andevo n'ont pu faire, malgré la volonté des gouvernants d'abolir toute distinction d'ordre racial, ethnique,religieux, social...

Par madatana
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