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Hôtel restaurant
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Hôtel restaurant Manoir rouge Chez Patrick Lot K IV 023 Ivato aéroport Antananarivo 101 MADAGASCAR Tél +261 20 22 441 04 Port.+261 32 40 260 97 Fax +261 20 22 482 44 |
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Manoir rouge
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L'ESCLAVAGE : Une véritable institution
L'esclavage, sous la royauté, est une véritable institution. Le «modernisme», introduit à partir du règne de Radama I, n'a aucune prise sur les usages et les coutumes. Le marché aux esclaves
d'Anjoma, à Antaninarenina, et son annexe d'Analakely sont très achalandés.
C'est en vain que les missionnaires prêchent en chaire, exhortent, menacent. «La population fait la sourde oreille, quand elle ne se livre pas à des manifestations tumulteuses» (Revue de
Madagascar, spécial Tananarive, 1952). Du genre de celle qui retentit dans le temple d'Ampamarinana, lors d'un prêche anti-esclavagiste du Rev. Standing, en 1892.
Pourtant les codes, publiés par le gouvernement royal, condamnent formellement la traite et implicitement l'esclavage. Cependant, Alfred Grandidier, en 1869, déclare que les deux tiers de la
population tananarivienne, 50 à 60 000 personnes, sont des esclaves. En 1895, plus de la moitié des habitants de l'Imerina est de condition servile.
Jusqu'à la fin du règne d'Andrianampoinimerina, en 1810, le seul commerce extérieur de l'Ile se résume à la traite des esclaves. C'est de ce trafic humain que le souverain, les nobles et les
commerçants hova tirent leurs ressources en devises, évaluées en piastres d'argent.
Hormis les esclaves de case ou domestiques, la masse exportable est surtout faite de prisonniers de guerre, de délinquants de droit commun ou de criminels politiques. Tous les moyens sont bons
pour s'en procurer. Ainsi, des expéditions sont menées contre les villages ennemis ou rebelles, à la fin desquelles les personnes en état de marche sont acheminées jusqu'à la côte, liés les uns
aux autres.
Les prisonniers qui en sont incapables, les infirmes, les femmes ayant perdu leurs charmes, les enfants vacillants sont souvent abandonnés à leur sort, voire tués sans pitié.
«Les tractations fréquentes et nombreuses portaient chaque année sur plusieurs milliers d'individus, sous réserve de l'acquittement d'un droit de deux piastres et demie par tête au profit du
trésor royal. La prospérité du vieil Antananarivo fut, pour cette raison, scellée de larmes et de sang. Ceci dura jusqu'à ce que l'exportation du bétail ait supplanté celle de l'homme».
La traite des esclaves est condamnée en 1814 par le Congrès de Vienne. Et c'est pour lui demander l'abolition de ce commerce que James Hastie, devenu pour les besoins de la cause agent consulaire
du gouvernement de Maurice, se présente au roi Radama, le 17 juillet 1817.
«Pour ne pas être signalé aux princes européens comme ennemi de la civilisation», le souverain consent à supprimer «l'exportation» des esclaves, le 11 octobre 1820. Il obtient, en contrepartie,
des avantages en nature sous forme de produits européens et en espèces (Equivalent). En outre, 20 jeunes gens parmi les fils des grands, reçoivent instruction et formation technique à Londres ou
à Port-Louis (Maurice).
A la mort prématurée de Radama, en 1828, Ranavalona 1ère, son épouse, hérite du pouvoir. Sous la pression des conservateurs de la Cour, des devins et des sorciers, inquiets des progrès de la
civilisation et du christianisme, elle adopte, après ses premières années de règne, «une attitude hostile aux Européens et à leurs innovations. Il lui semble que leur fréquentation et leurs
apports lui rendent ses sujets déloyaux».
En premier lieu, pour rompre avec les décisions de son mari défunt- qu'elle juge «incompatibles avec le respect dû aux bonnes traditions»- elle tolère et même favorise le commerce des esclaves.
La traite reprend de plus belle grâce aux débouchés offerts par les marchés de l'Inde, de l'Amérique et des Mascareignes (La Réunion, Maurice, Rodrigues).
«Si les marchés se tiennent généralement sur les côtes, Antananarivo n'en est pas moins un centre de transit et un lieu où se négocient les autorisations administratives». Ch. Robequain («Une
capitale montagnarde en pays tropical: Tananarive»), écrit en 1949 : «Le Rova apparaît alors comme un nid de rapaces, de grands marchands d'esclaves au service de la culture et de l'industrie
sucrière».
Ce commerce ne sera réprimé qu'au moment de la conquête française. Une des premières décisions prises par Joseph Gallieni, est d'abolir l'esclavage. «La monarchie merina n'aurait pas été aussi
facilement supprimée qu'elle le fut par Gallieni, si elle n'avait pas été entièrement sapée et rongée par le double cancer de la corvée et de l'esclavage. Pour la plupart des habitants
d'Antananarivo, la conquête française fut vraiment une libération».
La traite fleurit sur les côtes
Aussi loin que s'étendent les connaissances sur Madagascar, il y fleurit une sorte de commerce très spécial, qui consiste à troquer des esclaves contre des marchandises apportées par les
négociants. Un trafic important se voit, tant sur la côte Ouest que sur le littoral Est, fréquentés par les Arabes et les Européens.
Il existe, d'ailleurs, un double courant, ce qui explique la présence à Madagascar d'éléments africains d'arrivée récente, tels les Makoa. Ils sont importés, mais leur nombre n'est pas très
important, sauf peut-être sur la côte Nord-ouest, où ils sont connus sous le nom de Mozambiques, «allusion très nette à leur origine africaine».
Jusqu'aux dernières années du 18e siècle, la traite ne devra toucher que les régions côtières, seules en contact avec l'étranger et les seules à être arrivées à un certain degré
d'organisation.
«Le pays merina, encore divisé en plusieurs principautés et n'ayant aucun accès avec la mer, n'aurait pu y participer qu'en utilisant des intermédiaires, malgaches ou européens. Or, il a fallu
attendre 1777 pour qu'un Européen, le Français Mayeur, pénétrât en Imerina. Antananarivo même ne fut atteinte qu'en 1808, par Hugon» (Jean Valette, archiviste-paléographe).
Pela Ravalitera Journal Express
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Existe-t-il une pratique du tribalisme à Madagascar ? En d’autres termes, le tribalisme est-il une réalité dans le pays ?
Il se traduit par des actes de ségrégation qu’on appelle la politique de l’exclusion, par des comportements vexatoires et frustrants, par l’hypocrisie et le manque de franchise, par le mépris et le désir hégémonique mal contenu. Les nominations aux hauts emplois de l’Etat depuis la première République à nos jours en est des aspects les plus voyants. Et le régime actuel ne fait qu’aggraver la situation qui tend vers l’insupportable pour les autres. Le tribalisme réactionnaire, comme son nom l’indique, est une réaction contre cette forme insidieuse et sournoise du tribalisme merina. Il est le fait des gens de la périphérie qui se sentent encore et toujours frustrés, qui sont écœurés par cette pratique. Le tribalisme réactionnaire peut être très violent, et menace parfois l’unité nationale, si l’on ne fait pas attention de part et d’autre, par des concessions, des dialogues francs et ouverts, des examens de conscience permanents, par des efforts de compréhension et d’acceptation de l’autre. Il a déjà occasionné des victimes innocentes à Toamasina, à Toliara, à Antsiranana et ailleurs il n’y a pas longtemps. Au cours de la crise de 2001-2002, ce type de tribalisme a failli provoquer la désintégration de la Nation et la balkanisation du pays. L’émergence du club des 17 (tribus) ou des 5 (provinces) en est encore une des manifestations apparentes. Il faut arrêter de dire et de penser que les côtiers ne sont pas de vrais Malgaches mais des descendants d’esclaves venus d’Afrique qui doivent y retourner, que les côtiers ne font que sucer les richesses des hauts plateaux et de l’Imerina car il n’y a rien à la côte, qu’il faut restaurer la Nation ou l’Etat merina que les colons ont détruit avec l’aide des côtiers. Des écrivains et journalistes merina ont fait paraître des écrits qui condamnent ce tribalisme réactionnaire en brandissant des slogans du genre "Trop, c’est trop" ou "Mahatantesa ny valin-kitsaka". On se lance ainsi des défis qui ne font qu’exacerber les rancœurs. La forme népotique du tribalisme est tout simplement le népotisme qui consiste à favoriser à tout prix les membres de sa famille et ses proches parents, des gens de sa tribu, aux dépens des autres qui peuvent être plus compétents. C’est la forme la plus pratiquée dans le pays, car la plupart des hauts responsables la pratiquent, les Merina comme les Betsileo et les côtiers, ceux qui ont une parcelle de pouvoir. Il est certainement superflu d’affirmer que le tribalisme, sous quelque forme que ce soit, reste et demeure le poison le plus dangereux pour l’unité nationale, et pour la paix sociale et la concore entre les Malgaches. Il appartient donc à tous les responsables dans tous les domaines et à tous les niveaux, à tous les politiciens, surtout aux tenants actuels et futurs du pouvoir légitime et/ou légal, de faire un examen de conscience, et de tout mettre en œuvre pour trouver un remède efficace à ce tribalisme ambiant et pernicieux qui menance en permanence l’ordre public et la sérénité de la société nationale. Et c’est peut-être dans ce sens qu’il faudrait comprendre la réconciliation nationale que certains veulent organiser, bien qu’il n’y ait encore eu de guerre tribale dans le pays. Il faut la prévenir à tout prix. En effet, il faut se rendre à l’évidence que la société malgache est actuellement divisée en trois catégories de gens qui ne se communiquent plus et qui s’ignorent superbement. La première catégorie est celle de l’indifférence, de la suffisance, de l’auto-satisfaction, de la sourde-oreille, voire du mépris, du genre "cause toujours, tu m’intéresses". La deuxième catégorie comprend des gens ouverts à tout, qui veulent comprendre et être compris, qui croient avoir de bonnes idées qu’ils veulent partager, qui souhaitent que les choses évoluent enfin dans le bon sens, mais qui rencontrent des portes closes et des oreilles sourdes. La troisième catégorie est celle de la masse amorphe, apathique, résignée et fataliste, qui ne croit plus ou qui n’a jamais cru à un avenir meilleur, quelles que soient les gesticulations des politiciens et les changements de régime dans le pays, et les promesses électorales. Mais la colère populaire nous guette tous, comme une épée de Damoclès. N’est-il pas temps que nous les Malgaches nous ayons aussi notre séance de vérité-réconciliation, notre contrat social ou charte de la fraternité, une sorte de modus vivendi entre toutes les tribus de Madagascar? Soyons enfin sérieux et pensons aux problèmes fondamentaux de notre pays, c’est-à-dire la concorde nationale.
Jaolaza Bien-Aimé Ambovoalanana Mahajanga |
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Peu de melting-pot en Imerina Un cloisonnement assez marqué caractérise les rapports des Tananariviens entre eux, comme le fait remarquer, en 1968, Gerald Donque, maître-assistant à l'Université. Ce cloisonnement est en partie dû aux différences raciales ou ethniques, en partie aux hiérarchies, traditionnelles ou modernes. " L'élément majoritaire à Tananarive, celui des Merina, ne constitue pas un groupe parfaitement homogène ". Aux différences physiques viennent s'ajouter des différences héritées de la tradition et de l'ancienne organisation sociale du temps de la monarchie . Effectivement, les différences physiques entre Malgaches frappent d'emblée les étrangers, différences que l'on peut, grosso modo, répartir en trois catégories. D'abord, le type brun clair pouvant aller jusqu'au blanc (fotsy) , aux cheveux lisses ou légèrement ondulés, aux traits fins, au crâne mésocéphale, à la taille petite ou moyenne. C'est, semble-t-il, le type indonésien presque pur, le plus fréquent chez les Andriana, descendants de nobles, et les Hova, descendants de roturiers libres. Cependant, certains parmi eux sont " fortement teintés ". Ensuite, le type noir (mainty) aux cheveux crépus, à mâchoire prognathe, aux lèvres épaisses, au crâne dolichocéphale, particulièrement représenté chez les descendants d'esclaves (andevo) ou hors de l'ethnie merina, " chez les peuples dits côtiers ". Enfin, un type mixte, brun foncé, aux cheveux frisés, au nez court et épaté, " qui constitue une espèce de transistion entre les types précédents et que l'on peut rencontrer dans toutes les castes ". Selon Gerald Donque, ces différences physiques suggèrent une diversité d'origine. Les traditions font venir les Merina assez tardivement, vers le 14e siècle, de la côte orientale et délimitent le territoire de leurs premiers clans aux hautes vallées de l'Ikopa et de la Sisaony. " L'opinion scientifique la plus communément admise est qu'il s'agit d'immigrants indonésiens, tard venus dans l'Ile ". A ces éléments asiatiques viennent s'ajouter au fil des ans, des apports africains. " Ils constituent aujourd'hui les " mainty ", exogènes donc à l'ethnie merina pure, presque tous captifs de guerre ou de razzias opérées sur les côtes du Mozambique, puis installés comme serfs sous l'autorité des nobles et des roturiers libres ". Comme ils ont conservé leurs particularités physiques et culturelles, " ils ont été longtemps et demeurent encore à l'écart de la population merina qui continue à les considérer comme " étrangers ". Toutefois, précise Gerald Donque, si les unions entre " fotsy " et " mainty " ont été extrêmement rares, voire inexistants, " cela n'a pas empêché des relations extra-matrimoniales qui expliquent le type mixte ". En effet, l'ancienne organisation monarchique a laissé subsister une stratification sociale qui, au sein de la population de l'Imerina, permet toujours de distinguer des descendants de nobles, de roturiers et d'esclaves. En 1968, les Andriana représentent environ 14% de la population imérinienne. Ils sont issus des anciens rois ou de leurs collatéraux qui n'ont pas régné. Ils se subdivisent en sous-castes. Les Hovas ou roturiers libres (47% de la population) semblent être " les descendants des anciens chefs de clan " proto-merina " ou merina ". Des divisions les hiérarchisent. Quant aux Andevo, ce sont des descendants d'esclaves, captifs de guerre ou de pillages soumis à la servitude, ou encore d'hommes libres voire de nobles déchus de leurs prérogatives pour fautes graves. Le brassage des anciennes castes ne s'est pas opéré. Cependant, si les mariages entre " fotsy " et " mainty " sont quasi inexistants, de plus en plus, un changement de mentalité s'opère dans les jeunes générations " avec le progrès de l'individualisme, le développement de l'instruction, la nouvelle répartition des richesses et des revenus... ". Ainsi, les mariages entre Andriana et Hova deviennent relativement fréquents et la barrière entre ces deux castes, jadis très rigide, " s'effrite progressivement ".
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