Hôtel restaurant
Hôtel restaurant
Manoir rouge
Chez Patrick
Lot K IV 023
Ivato aéroport
Antananarivo 101

MADAGASCAR
Tél +261 20 22 441 04
Port.+261 32 40 260 97
Fax +261 20 22 482 44


Manoir rouge

Publicité

Jeudi 11 octobre 2007

Existe-t-il une pratique du tribalisme à Madagascar ? En d’autres termes, le tribalisme est-il une réalité dans le pays ?


La réponse à ces deux questions est assurément affirmative. Il ne faut pas se voiler la face et faire la politique de l’autruche. Le tribalisme est bel et bien une réalité dans le pays, et il se pratique sous tois formes, et ce depuis avant, pendant et après la colonisation, et jusqu’à aujourd’hui : sous forme insidieuse ou sournoise, sous forme réactionnaire, et enfin sous forme népotique. Cet état de chose est tout à fait courant et presque naturel, notamment dans les pays au peuplement multi-racial ou multi-éthnique. Les grands pays comme la France, les Etats-Unis d’Amérique, la Grande Bretagne, l’Allemagne et la Russie, n’y ont pas échappé. La plupart des pays africains en pâtissent toujours actuellement, où le tribalisme, comme on le sait, se traduit par des conflits armés, par des guerres tribales sans fin, par des massacres d’innoncents, par des épurations éthniques sans merci, voire des génocides. A Madagascar, avant la colonisation française, les menées expansionstes et les guerres de conquête des rois merina, ou la volonté d’unification et de pacification du pays de la part du royaume du centre, ont créé des sentiments de frustration et de rancœur chez les roitelets vaincus et leurs sujets, et même chez leurs descendants. L’existence de nombreux lieux et doany dont l’accès est strictement interdit aux Merina en témoigne de nos jours. Et quand les Français ont débarqué dans le pays, c’est chez ces derniers qu’ils ont cherché et trouvé des alliances et complicités, tantôt moyennant des subsides, tantôt en exacerbant les sentiments de rancœur contre les conquérants venus du centre. Et cela a beaucoup facilité la prise du royaume merina, et par la suite, la main-mise sur tout le pays, par les Français, qui ont par la même occasion agrandi leur empire colonial. Durant la colonisation, surtout au début de cette période, les Français ont recruté chez les Merina des auxiliaires intéressants et faciles à former, afin de pacifier et administrer la nouvelle colonie. Ils étaient les premiers écrivains et interprètes, les premiers chefs de canton, les premiers maîtres d’école, les premiers greffiers des tribunaux dans le pays. Encore une fois, cela a créé des sentiments de jalousie et de frustation voire de haine, chez la population côtière et Betsileo. Peu à peu, les auxiliaires merina ont acquis des connaissances techniques et des formations intellectuelles de haut niveau, et du coup, ont eu le sentiment de pourvoir rivaliser avec les colons et prendre leur place dans les rouages de l’administration du pays, car la plupart d’entre eux sont de venus des citoyens français à part enitère et ont pu faire des études très poussées. Il en est de même pour les enfants et leurs proches parents. Beaucoup ont intégré l’armée française et y ont acquis des galons d’officier et sous-officier. Mais les colons ont vite déchanté, car leurs auxiliaires nourrissaient au fil des ans des ambitions de prendre la place du colonisateur, et des désirs d’émancipation à l’échelle nationale. Cela a commencé par des désobéissances plus ou moins caractérisées, et a abouti à des conflits ouverts, à des soulèvements populaires, dont les évènements de 1947. La plupart des instigateurs et dirigeants de ces mouvements étaient des politiciens et intellectuels merina qui étaient nettement en avance par rapport aux autres, et plus habiles dans ce genre de question. En réaction à cet état de chose, lorsque ils ont jugé qu’il était temps de se retirer, les colons ont chois des élements non merina à qui octroyer et confier l’indépendance politique de Madagascar. Afin d’essayer de rétablir l’équilibre entre les Merina et le reste de la population malgache, les tenants de la première République ont favorisé la formation massive des éléments de la périphérie, notamment dans les domaines de l’administration, de l’enseignement et de l’armée. D’où la création de différents types d’écoles en province, la mise en place des partis politiques, de l’Académie militaire d’Antsirabe, la formation de nouveaux administrateurs civils en France. La tribalisme à Madagascar est donc largement tributaire de ces évènements, de ces deux époques de l’histoire du pays. La thèse des Merina qui dit qu’ils ne sont pas tribalistes mais des victimes expiatoires du tribalisme des politiciens côtiers en mal d’arguments intelligents est plus que trompeuse, voire douteuse. Le tribalisme merina est insidieux, sournois et incisif.

Il se traduit par des actes de ségrégation qu’on appelle la politique de l’exclusion, par des comportements vexatoires et frustrants, par l’hypocrisie et le manque de franchise, par le mépris et le désir hégémonique mal contenu. Les nominations aux hauts emplois de l’Etat depuis la première République à nos jours en est des aspects les plus voyants. Et le régime actuel ne fait qu’aggraver la situation qui tend vers l’insupportable pour les autres. Le tribalisme réactionnaire, comme son nom l’indique, est une réaction contre cette forme insidieuse et sournoise du tribalisme merina. Il est le fait des gens de la périphérie qui se sentent encore et toujours frustrés, qui sont écœurés par cette pratique. Le tribalisme réactionnaire peut être très violent, et menace parfois l’unité nationale, si l’on ne fait pas attention de part et d’autre, par des concessions, des dialogues francs et ouverts, des examens de conscience permanents, par des efforts de compréhension et d’acceptation de l’autre. Il a déjà occasionné des victimes innocentes à Toamasina, à Toliara, à Antsiranana et ailleurs il n’y a pas longtemps. Au cours de la crise de 2001-2002, ce type de tribalisme a failli provoquer la désintégration de la Nation et la balkanisation du pays. L’émergence du club des 17 (tribus) ou des 5 (provinces) en est encore une des manifestations apparentes. Il faut arrêter de dire et de penser que les côtiers ne sont pas de vrais Malgaches mais des descendants d’esclaves venus d’Afrique qui doivent y retourner, que les côtiers ne font que sucer les richesses des hauts plateaux et de l’Imerina car il n’y a rien à la côte, qu’il faut restaurer la Nation ou l’Etat merina que les colons ont détruit avec l’aide des côtiers. Des écrivains et journalistes merina ont fait paraître des écrits qui condamnent ce tribalisme réactionnaire en brandissant des slogans du genre "Trop, c’est trop" ou "Mahatantesa ny valin-kitsaka". On se lance ainsi des défis qui ne font qu’exacerber les rancœurs. La forme népotique du tribalisme est tout simplement le népotisme qui consiste à favoriser à tout prix les membres de sa famille et ses proches parents, des gens de sa tribu, aux dépens des autres qui peuvent être plus compétents. C’est la forme la plus pratiquée dans le pays, car la plupart des hauts responsables la pratiquent, les Merina comme les Betsileo et les côtiers, ceux qui ont une parcelle de pouvoir. Il est certainement superflu d’affirmer que le tribalisme, sous quelque forme que ce soit, reste et demeure le poison le plus dangereux pour l’unité nationale, et pour la paix sociale et la concore entre les Malgaches. Il appartient donc à tous les responsables dans tous les domaines et à tous les niveaux, à tous les politiciens, surtout aux tenants actuels et futurs du pouvoir légitime et/ou légal, de faire un examen de conscience, et de tout mettre en œuvre pour trouver un remède efficace à ce tribalisme ambiant et pernicieux qui menance en permanence l’ordre public et la sérénité de la société nationale. Et c’est peut-être dans ce sens qu’il faudrait comprendre la réconciliation nationale que certains veulent organiser, bien qu’il n’y ait encore eu de guerre tribale dans le pays. Il faut la prévenir à tout prix. En effet, il faut se rendre à l’évidence que la société malgache est actuellement divisée en trois catégories de gens qui ne se communiquent plus et qui s’ignorent superbement. La première catégorie est celle de l’indifférence, de la suffisance, de l’auto-satisfaction, de la sourde-oreille, voire du mépris, du genre "cause toujours, tu m’intéresses". La deuxième catégorie comprend des gens ouverts à tout, qui veulent comprendre et être compris, qui croient avoir de bonnes idées qu’ils veulent partager, qui souhaitent que les choses évoluent enfin dans le bon sens, mais qui rencontrent des portes closes et des oreilles sourdes. La troisième catégorie est celle de la masse amorphe, apathique, résignée et fataliste, qui ne croit plus ou qui n’a jamais cru à un avenir meilleur, quelles que soient les gesticulations des politiciens et les changements de régime dans le pays, et les promesses électorales. Mais la colère populaire nous guette tous, comme une épée de Damoclès. N’est-il pas temps que nous les Malgaches nous ayons aussi notre séance de vérité-réconciliation, notre contrat social ou charte de la fraternité, une sorte de modus vivendi entre toutes les tribus de Madagascar? Soyons enfin sérieux et pensons aux problèmes fondamentaux de notre pays, c’est-à-dire la concorde nationale.

Jaolaza Bien-Aimé Ambovoalanana Mahajanga


Par madatana - Publié dans : la lutte des classes
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Commentaires

Dans tous les pays du monde, une dynastie ou un groupe ont été à la source de l'unité nationale/ les Capétiens pour la France. Les Prussiens POUR l'Allemagne? Les Piémontais pour l'Italie etc... Ces unifications n'ont pas été menées la "FLEUR AU FUSIL" (cf: les guerres de religion,le génocide vendéen? LES DRAGONNADES DE VILLARS etc...)Mais ces tragédies historiques ne sont pas prétexte à rancune dans les pays développés. Elles ont été intégrées dans l'Histoire nationale avec ses heurs et ses malheurs et font partie du patrimoine commun du peuple.(voir pour la France le chef d'oeuvre d'Emmanuel Le Roy Ladurie "Histoire de France des Régions" ed Seuil) Dans nos pays ,au contraire, l'entreprise d'unification est considérée comme un crime et sert à alimenter les rancoeurs. Comment, dans ces conditions, instaurer la "concorde nationale"? Nombre de politiciens , qui n'osent même pas vivre dans leurs provinces sont trop heureux d'utiliser ces thèmes pour tromper leurs congénères peu politisés. Quand on pense que l'Allemagne et la France, qui se sont fait deux guerres en moins d'un demi siècle, deux guerres où il y a eu des millions de tués d'un côté comme l'autre, sont aujourd'hui alliés dans la Communauté européenne, on se désespère de voir la bêtise et l'imbécillité de nos prétendues élites.
Commentaire n°1 posté par rajaona roger le 26/11/2007 à 09h23
Maintenant, j'espère que ce soit de 'histoire. Nos compatriotes ne sont pas dupes et savent très bien les tournures politiqes. S'il y existe des catégories comme tu le dis et qu'aucun n'ose agir, c'est que la démocratie n'a jamais existé dans ce pays. Mais t'inquiètes, le peuple prendra toujours les rennes. Il faudra encore du temps pour la conscientisation nationale.
Commentaire n°2 posté par Tsaiky boka majunga le 27/12/2008 à 20h15

  • : Blog du Manoir rouge: actualités de l'hôtel, petites annonces...
  • madatana
  • : La petite histoire de Madagascar de la monarchie à la république Le nord de l'aéroport d' Ivato est un immense terrain de jeu. Location vélo, VTT, moto pour de belles balades.
  • Recommander ce blog

Recherche

MOTO VTT

location moto,vélo,vtt,raid,enduro,cross,tout terrain,4X4
  Ivato: Ambatoharanana Merimandroso Ankosy
  Ivato: Fiakarana Ambohitriniarivo
  Ivato:lac Antsongosongo Amboasary
Ivato Massif du Mangabe
Ivato Antsahafilo Ambohimanga
Ivato Croc Farm un élevage de crocodile,tour du Lac d'Ivato
Ivato Sommet d'Andringitra Ambohimanga
Ivato Tour du massif d'Andringitra
Ivato Amboniloha Ambohibao
  Ivato Antsahadinta Ambohitrontsy
  Ouest : Lac Ampéfy, Soavinandriana, Faratsiho
  Massif de Ankaratra et son sommet Tsiafajavona 2643 m
Tsiroanomandidy:histoire de zébus
Alasora Ambohimanambola Masindray Ankadinandriana Ambatofotsy
Rive gauche de l'Ikopa: Alasora Tsiafahy
Rive droite de l'Ikopa: Sommets Ambohidrazaka, Ambohidralambo
  Ambatomanjakabe vestiges d'anciens villages fortifiés
Massif d'Antongona village fortifié du XVIe siècle
 

Collines sacrées

Alasora
Amboatany
Ambohibato
Ambohibeloma
Ambohidrabiby
Ambohidrapeto

ambohidratrimo
Ambohidratrimo
Ambohijanaka
Ambohijoky

ancien tombeau de Ambohimalaza
Ambohimalaza
Ambohimanambola
Ambohimanga
Ambohiniazy
Ambohipoloalina
Ambohitrondrana
Ambohitrontsy
Ambohitrosy

Anosimanjaka
Antananarivo

Antsahadinta
Antsahadinta
Babay
Iharanandriana
Ilafy
Imerikasinina
Imerimanjaka
Kaloy

Merimandroso statue d'Andrianampoinimerina 1787 1810
Merimandroso
Namehana
Soanangano

rova de Tsinjoarivo
Tsinjoarivo

 

Tombeaux, doany
lieux célèbres

Quartiers d'Antananarivo
  Mananjara Mahitsy
Rova d' Andriambola roi d' Itasy
Doany Ambohidroa
Doany Ambatondradama
Ambatomanga

Séminaire anglican d'Ambatoharanana
Ambatoharanana
Ambatomanoina
Ambohitrimanjaka
Ambonivohitra
Anosivato

Ambohitahara:il ne faut jurer de rien

Ambohitriniarivo:Adriantsimandafikarivo fils de Andriampirokana roi Antehiroka haut lieu de pélerinage
Doany Ambohitriniarivo: haut lieu de pélerinage d'un roi Antehiroka

Andranoro:La tradition confrontée au mode de vie occidental
Doany Andranoro:elle se noya par amour

Ankadimanga prés de Manjakandriana tombeau de Ramiangaly Ankadimanga
Ankazomalaza
Ankosy ancien village fortifié
Anosisoa tombeau d'Andriambodilova
Les natifs de Fiakarana sont de teint clair,critères de noblesse

Tsiafatampo, un tombeau stylisé
Tsiafatampo, un tombeau stylisé

Photos par thème

Tuning malagache (copyright Hotel Manoirrouge Ivato)

Photos

Galerie photos, portrait d'une paysanne de Ampefy (copyright Hotel Manoir rouge Ivato)

Anakao Antalaha Cap-Est Antsirabé Fort-Dauphin Ihosy Isalo Manakara Mananara Morondava Nosy-Be Ste-Marie Antananarivo Tuléar

liens

Association qui oeuvre à la construction d'une école et d' un dispensaire dans une région isolée du Sud de d' Antalaha dans le village d'Ambodirafia

L'Investiture du maire d'Ivato Mr Rakotoarimanana Josefa
L'Investiture du maire d'Ivato Mr Rakotoarimanana Josefa

Un mariage pas comme les autres Jean Louis et Nicole
Mariage à Mada Jean Louis et Nicole

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus